Victoria Falls, on the road again
  

Victoria Falls, on the road again

Livingstone, Zambie le 27/09/2014

 
Mes trois semaines à la ferme de Harnas touchent à leur fin. J’ai maintenant une dizaine de jours pour voyager en Namibie. Ma prochaine destination, l’une des plus grandes merveilles de la nature : les chutes Victoria. Elles se trouvent  à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, qui se partagent chacun une part de ce patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est ainsi que de retour à Windhoek j’embarque pour plus de 22 heures de bus. Le bus de la compagnie Intercape est climatisé, confortable et apparement particulièrement sûr. C’est le moyen de transport qu’utilisent les locaux assez aisés pour voyager dans la partie sud de l’Afrique. Je fais le trajet aux côtés de Thomas, un Américain, aussi perdu que moi face au protocole d’embarquement. Le voyage débute avec un ‘’Notre Père’’ du chauffeur puis la projection d’une vidéo d’un cow-boy texan prêchant la bonne parole. Le trajet est long. Très long. Nous nous arrêtons régulièrement dans les stations-services afin de renouveler le stock de boissons et nourriture. Les stations-services namibiennes sont assez similaires aux occidentales hormis le fait qu’on peut y acheter des salades de pattes de poulet et d’autres joyeusetés. Je choisis plutôt un poulet rôti entier que je partage avec d’autres passagers. Arrivés à la frontière entre la Namibie et la Zambie, débute une interminable course dans les dédales administratifs. Pour une raison obscure, le visa pour la Zambie ne peut s’acheter qu’en dollars américains et les cartes ne sont pas acceptées. Comme on peut s’y attendre, je n’ai pas de dollars sur moi. Je me vois donc passer les deux prochains jours assise sur le trottoir à la frontière jusqu’au retour du bus. Par un heureux hasard j’ai fait le trajet avec un Américain qui a pu me dépanner en dollars. Le visa payé, mon formulaire rempli, mon certificat de vaccination contre la fièvre jaune présenté et mon résultat négatif suite à la détection de l’Ebola, je peux enfin entrer en Zambie. En l’espace de quelques centaines de mètres, le décor change totalement. Des déchets partout, des charrettes tirées par des buffles, les maisons de type occidental sont remplacées par des cases, les routes ne ressemblent que moyennement à des routes…bienvenue en Afrique rustique !

 

Après 3 heures de route, nous arrivons enfin à Livingstone, ville zambienne la plus proche des chutes. Rues colorées, marchands ambulants de bananes,...j’adore l’ambiance. Après encore deux heures de recherche intense de distributeur d’argent en état de marche afin de rembourser Thomas et après avoir déposé mes affaires au backpacker, je prends un taxi pour les chutes. Ayant entendu que le côté zimbabwéen serait plus spectaculaire, je décide de traverser le pont menant au Zimbabwe. A la douane, pour la même raison obscure, le visa ne se paye qu’en dollars. Le portemonnaie toujours exempt de cette devise, je rebrousse donc chemin vers la Zambie après un séjour de 10 minutes au Zimbabwe.

 Guidée par le bruit des cascades, je peux enfin assister au spectacle pour lequel j’ai fait ce long chemin : les chutes Victoria. Le tableau est magnifique mais c’est la saison sèche et il y a malheureusement très peu d’eau. Ca vaut cependant le voyage. Des familles entières de babouins se baladent à la bordure des chutes. L’un d’entre eux a remarqué ma bouteille de coca et sans crier gare me la subtilise des mains, l’ouvre à l’aide de ses dents, déverse le contenu sur le sol puis le lèche devant mon air ébahi. Hormis ma rencontre avec le babouin assoiffé, beaucoup de gens m’interpellent, s’intéressent à ma présence ici. Je suis un véritable phénomène de foire, tout le monde veut se faire prendre en photo à côté de la jeune européenne blonde voyageant toute seule. Entendant pour la première fois depuis plus de trois semaines la langue française, je me retourne et fais la connaissance de quatre jeunes Congolais, Lucien, Patrick, Christian et Olivier. Quand je leur raconte mon projet de tour du monde ils sont tous fascinés et réclament également leur photo avec moi. Je me balade encore un moment en leur compagnie puis nous nous séparons. Je contemple ensuite le coucher du soleil sur les chutes avant de reprendre un taxi pour Livingstone. Après avoir laissé un troupeau d’éléphants traverser la route, le chauffeur de taxi, Simon, fasciné par mon voyage futur et très curieux me pose pleins de questions. Quand je lui explique que j’ai étudié les dinosaures, je lis dans son regard qu’il n’a absolument aucune idée de quoi je lui parle et il me prend presque pour une malade mentale quand je lui raconte que il y a longtemps il y avait des animaux différents d’aujourd’hui, notamment des reptiles gigantesques au long cou. Jugeant que je dois me moquer de lui, il s’interroge ensuite : pourquoi je voyage seule ? Ou est-ce que je vais aller ? Pourquoi mon mari ne m’accompagne pas ? Pourquoi je n’ai pas encore d’enfants ? Je lui explique qu’en Europe on se marie généralement plus tard et que tout le monde n’a pas forcément des enfants. Il me fait ensuite tout un discours sur le but de la vie : la raison principale pour laquelle Dieu nous a mis sur Terre étant de nous permettre de devenir immortel en faisant un tas d’enfants. Arrivés à Livingstone, toute sa petite famille est là qui l’attend, très à propos. Il me présente donc sa femme, ses 5 filles, ses 4 garçons et sa petite-fille (à 47 ans, il est déjà un fier grand-père). Il me donne ensuite son numéro pour que je les appelle régulièrement durant mon voyage afin de leur faire savoir que je vais bien. Ce n’est pas en Suisse qu’on fait des rencontres pareilles… 

Je rentre extenuée à mon backpacker, affaiblie par le soleil, le manque de sommeil et ma prophylaxie contre la malaria et m’écroule dans mon lit sans manger.

Après un très court séjour,  je reprends le bus le lendemain pour Windhoek et fais cette fois les 20 heures de trajet avec Takudzwa, un Zimbabwéen très sympa.

 

                                              Victoria Falls

 

       

                           

 

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